Début avril, le cargo Omicron Eagle, parti du port brésilien de Paranagua, avait jeté à la mer des ballots de cocaïne près des îles anglo-normandes de Guernesey et Jersey avant de poursuivre sa route vers le port de Dunkerque (Nord), a expliqué lundi soir le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet.
La drogue avait été récupérée en mer par des marins-pêcheurs de Ouistreham (Calvados) à l’aide de leur chalutier, puis transférée à bord d’une vedette rapide qui avait mis le cap sur Tancarville (Seine-Maritime), où les enquêteurs ont fini par saisir les 630 kg de cocaïne, a détaillé M. Teillet.
Au moment où le procureur de Rennes donnait sa conférence de presse, toutes les personnes mises en examen dans ce dossier n’étaient pas encore passées devant un juge des libertés et de la détention (JLD).
M. Teillet a précisé mardi à l’AFP que neuf mis en examen au total ont été placés en détention provisoire dans ce dossier.
Il s’agit notamment d’un Belge d’origine albanaise, « à qui il est reproché d’avoir participé, sur le chalutier, à la récupération de la drogue » et qui avait été déféré et placé en détention provisoire dimanche.
Trois marins philippins de l’équipage du cargo Omicron Eagle, à qui il est reproché le largage des ballots à la mer à l’approche du chalutier normand, ont également été placés en détention provisoire lundi soir.
Trois marins-pêcheurs, accusés d’avoir récupéré ces ballots de cocaïne et de les avoir acheminés sur les côtes françaises, ont connu le même sort. Les compagnes de deux d’entre eux ont quant à elles été placées sous contrôle judiciaire.
Deux « intermédiaires havrais » ont eux aussi été mis en examen et placés en détention provisoire, indique Frédéric Teillet.
Ce trafic avait été démantelé à l’issue d’une « vaste opération préparée depuis 18 mois » et déclenchée dans la nuit du 3 au 4 avril, avait indiqué le magistrat lundi, qualifiant l’affaire d' »historique » car c’est « la première fois qu’est interceptée une livraison par drop-off ».
Ces arrestations doivent rappeler aux marins-pêcheurs cédant aux sirènes du trafic de drogue qu' »il n’y a pas d’impunité » et que « la justice sera impitoyable », a-t-il prévenu.




