La compagnie Sea Legend a déjà effectué en 2025 un premier trajet maritime direct par porte-conteneurs entre la Chine et l’Europe via la Route maritime du nord (NSR), le long des côtes russes.
Le navire avait alors quitté le port chinois de Ningbo (est) et rallié le port anglais de Felixstowe (sud-est) en vingt jours selon l’entreprise, soit environ la moitié du temps nécessaire en passant par le sud via l’océan Indien, le canal de Suez et la Méditerranée.
Sea Legend entend à présent devenir le premier à opérer pendant sept semaines et jusqu’au 3 octobre un service régulier d’acheminement de conteneurs vers l’Europe, à raison d’un départ chaque samedi.
Le bâtiment « Dubai Tower » de la compagnie partira de Ningbo en direction de Felixstowe dans la nuit de samedi à dimanche, a dit vendredi à l’AFP un employé du port de Ningbo-Zhoushan.
La fenêtre retenue « correspond globalement à la période pendant laquelle les navires peuvent espérer effectuer le trajet sans l’aide de brise-glaces », explique dans une note Niels Rasmussen, analyste en chef au sein de l’association de transport maritime Bimco.
D’autres entreprises de transport maritime ont déjà transité par l’Arctique, la première traversée du genre ayant été réalisée en 2018 par la danoise Maersk.
Cette voie attire les convoitises et la NSR a connu un record de 23 traversées en 2025 (contre 15 l’année précédente), selon une analyse de l’assureur Allianz Commercial publiée en juin.
Mais des géants comme CMA CGM et Hapag-Lloyd, basés en France et en Allemagne, ont signé un engagement à éviter les itinéraires arctiques, y compris la Route maritime du nord (NSR).
« L’augmentation du trafic maritime sur les routes arctiques présente un risque considérable et pourrait avoir des conséquences environnementales dévastatrices », prévient sur son site internet l’ONG Ocean Conservancy, à l’origine de cette initiative d’engagement de la part d’armateurs et de grandes marques.
Plusieurs analystes avancent néanmoins que l’Arctique devrait devenir une voie de passage stratégique, en particulier pour la Chine qui a mis en avant en 2018 ses ambitions d’une « route de la soie polaire ».
Pour l’heure, les bateaux de Sea Legend ne devraient transporter que moins de 0,5% du volume hebdomadaire de conteneurs acheminés de l’Asie de l’Est et du Sud-Est vers l’Europe du Nord, tempère Niels Rasmussen.
Compte tenu de la durée de quelques semaines de ce service, « cela représente moins de 0,1% des volumes annuels de conteneurs entre ces deux régions », ajoute-t-il.
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