Le 9 septembre, ce bateau à la coque verte et son équipage de trois personnes – et un chien – entame la dernière sortie de la saison. Depuis le 1er mai, ils ont navigué d’un bout à l’autre des 30 kilomètres de littoral qui séparent Anglet d’Hendaye, à la frontière espagnole, à moins de trois kilomètres des côtes.
Cette année, l’Itsas-Bellara a ramassé 4 tonnes de plastique et entre 5 et 6 tonnes de bois, selon son capitaine Arnaud Clavier, 38 ans.
Dans le creux de ce golfe de Gascogne, logé entre France et Espagne, « s’accumulent des déchets qui ne peuvent pas repartir », « essentiellement des emballages plastiques » rabattus par des courants venus du large, charriés aussi bien depuis le pays voisin que depuis la Bretagne ou même l’Écosse, explique Arnaud Clavier.
Sur son flanc, le navire de pêche déploie un filet, sorte de piège flottant, dans les « lignes de courant », ces routes linéaires de déchets que guettent les marins à longueur de journée. Avec de larges épuisettes ou des harpons, l’équipage attrape les objets isolés.
Cette saison marquée par des mois de juillet et d’août sans pluie, ni houle, ni courant, et donc des déchets restés plus au large, se termine sur une récolte clairsemée. Bien loin de l’année record de 2018, avec ses 15 tonnes de plastiques et 10 tonnes de bois, concentrés dans « une ligne de courant très épaisse restée sur le littoral pendant plus de deux semaines », précise Arnaud Clavier.
– « Agir en amont » –
Depuis 1998, l’Itsas-Bellara écume les côtes, après une « prise de conscience » dans les années 1990 et 2000 provoquée par de « gros arrivages de déchets », explique le capitaine. « Les politiques ont réalisé qu’il fallait agir en amont avant que tout ça ne s’échoue sur les plages. »
Son père avait commencé l’activité en 2003, avant qu’il ne le rejoigne en 2011, assurant la relève au moment de son départ en retraite deux ans plus tard. Tous les deux ans, le bateau répond à un appel d’offres émis par la Communauté d’agglomération Pays basque, agglomération XXL qui regroupe 158 communes de la partie basque des Pyrénées-Atlantiques.
Après son ultime pêche de la saison, l’équipage ramène au port de Saint-Jean-de-Luz ses derniers déchets, déversés dans une benne à quai à l’aide d’une grue.
Arthur Peyronnet, 38 ans, plusieurs saisons à son actif, y a déjà vu défiler « un petit frigo, une vieille télé cathodique, une caisse du Groenland et quelques messages à la mer », dont un venu d’Atlanta, outre-Atlantique et l’autre de Bidart, à seulement quelques kilomètres de là, rigole-t-il.
Dans cinq jours, l’Itsas-Bellara reprendra la mer pour la saison de l’algue rouge, aux multiples usages (cuisine, cosmétique…) et récoltée à l’automne lorsqu’elle se détache des rochers à la faveur d’une forte houle et des tempêtes.




