Grèce: la Commission appelle à l’arrêt des refoulements de migrants

Bruxelles, 30 juin 2022 (AFP) – La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a appelé Athènes à faire cesser les “expulsions violentes et illégales” de migrants, dans un tweet publié jeudi après des discussions par visioconférence avec trois ministres grecs.

Ces échanges interviennent peu après la publication mardi d’une enquête de Lighthouse Reports et plusieurs journaux européens dont Le Monde, basée sur les témoignages de six migrants racontant avoir été enrôlés de force par la police grecque pour repousser vers la Turquie d’autres migrants lors d’opérations secrètes et violentes à la frontière d’Evros.

La commissaire suédoise Ylva Johansson a indiqué sur Twitter avoir eu des discussions jeudi avec les ministres George Gerapetritis (ministre d’Etat), Takis Theodorikakos (Protection civile) et Yannis Plakiotakis (Marine marchande et Politique insulaire) sur la gestion des frontières extérieures, la migration et les droits fondamentaux.

“Protéger la frontière extérieure de l’UE des entrées illégales est une obligation”, a-t-elle indiqué, tout en ajoutant que “les expulsions violentes et illégales de migrants doivent cesser immédiatement”.

“Les financements européens” en matière de gestion de la migration et des frontières “sont liés à l’application correcte des droits fondamentaux de l’UE”, a-t-elle averti.

“Les ministres ont présenté une nouvelle proposition visant à intégrer les droits fondamentaux dans le système d’asile grec” qui sera en place d’ici le 1er septembre, a-t-elle précisé.

Les autorités grecques démentent régulièrement les refoulements illégaux de migrants dont elles sont accusées dans les enquêtes de médias et par les ONG.

Le ministre grec des migrations Notis Mitarachi, auditionné lundi par une commission du Parlement européen, a défendu la gestion par son gouvernement des frontières, assurant qu’elle se faisait “dans le plein respect des droits fondamentaux”. Il a accusé la Turquie “d’encourager activement les départs illégaux de migrants”, malgré l’accord passé avec l’UE en 2016.