La Grèce empêche à nouveau l’entrée dans ses eaux de 150 migrants

Athènes, 24 mai 2022 (AFP) – La police portuaire grecque a indiqué mardi avoir empêché l’entrée dans ses eaux en mer Egée de quelque 150 migrants supplémentaires en provenance des côtes turques voisines, un jour après avoir bloqué la traversée de 600 exilés de la frontière maritime.

“Dans le cadre de nos patrouilles quotidiennes, quatre opérations distinctes se sont produites tôt mardi matin au large des îles de Chios, Samos et Lesbos” dans le nord-est de l’Egée, a indiqué à l’AFP un responsable des gardes-côtes grecs.

Au total, “quatre canots pneumatiques ont été repérés avec environ 150 migrants à bord sur la ligne frontalière maritime grecque et les patrouilleurs ont dissuadé leur entrée en utilisant des signaux sonores et lumineux et en prévenant les autorités turques” pour les récupérer, selon la même source.

Les îles grecques en mer Egée sont très proches des côtes occidentales turques d’où des migrants fuyant guerres et misère tentent d’entrer en Europe.

Lundi, 590 migrants à bord de cinq voiliers et quatre canots pneumatiques avaient été empêchés par les garde-côtes grecs d’effectuer cette traversée, lors de la plus importante tentative d’entrée dans le pays cette année.

Les bateaux étaient partis lundi de manière “quasi simultanée”, ce qui n’était pas le cas mardi, précise la police.

“La police portuaire prend toute mesure adéquate pour protéger les frontières maritimes de la Grèce et de l’UE en respectant le droit international et la vie humaine”, selon un communiqué des garde-côtes publié lundi.

Pays membre de l’Union européenne (UE), la Grèce accuse régulièrement la Turquie (qui n’y appartient pas) de ne pas prendre assez de mesures contre les passeurs envoyant des migrants dans des embarcations de fortune depuis la Turquie.

Le gouvernement conservateur grec a renforcé les contrôles à ses frontières maritime et terrestre avec la Turquie, avec l’aide de l’Agence de surveillance des frontières extérieures de l’UE, Frontex, parvenant à limiter le nombre d’arrivées de migrants en Grèce.

Mais de nombreux médias et ONG de défense des droits de l’homme ont à plusieurs reprises accusé les autorités grecques de refoulements illégaux de migrants vers les eaux ou le territoire turcs, ce qu’Athènes a toujours démenti.

L’UE et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU ont demandé une enquête sur ce sujet mais l’Autorité nationale de transparence a annoncé en mars n’avoir trouvé aucune preuve de telles pratiques.