La présidente sud-coréenne promet de renflouer le ferry Sewol

« Je prendrai les mesures nécessaire pour récupérer le bateau dès que possible », a dit Park Geun-Hye en se rendant sur l’île méridionale de Jindo, au large de laquelle le Sewol avait sombré le 16 avril 2014.

Il transportait 476 personnes, dont 325 lycéens en voyage d’étude, scolarisés dans un même établissement d’Ansan, au sud de Séoul: 250 d’entre eux ont péri dans la catastrophe.

Mais la promesse de remettre à flot le ferry de 6.825 tonnes, pour un coût estimé à 110 millions de dollars (103 millions d’euros), n’a pas suffi à apaiser la colère des familles qui accusent les autorités d’indifférence et ont boycotté une cérémonie officielle prévue dans l’après-midi.

Yoo Gyoung-Geun, porte-parole des familles, a dit que celles-ci voulaient ainsi marquer leur réprobation. Elles veulent aussi des assurances concernant une autre de leurs exigences, une enquête totalement indépendante sur la catastrophe.

« J’ai bien peur que les mots de la présidente ne soient vides de sens », a-t-il dit.

Les familles sont soutenues par l’opinion publique même si certains conservateurs accusent des organisations de gauche de se servir de la tragédie pour gêner le pouvoir en place.

L’enquête a mis en évidence une combinaison de facteurs, de la surcharge du navire à l’incompétence de l’équipage, en passant par des travaux d’agrandissement illégaux qui ont affaibli sa flottabilité.

La lenteur des secours a également été mise en cause, de même que leur désorganisation.

Mais l’accident a aussi mis en exergue des problèmes endémiques de corruption et de normes de sécurité déficientes, imputées à la volonté des autorités de donner la priorité à la croissance économique avant toute autre considération.

-‘Des mots vides de sens’-

A Ansan, les drapeaux étaient en berne, des rubans jaunes du souvenir flottaient au vent. A 10H00 (01H00 GMT), les sirènes ont retenti dans la ville tandis que ses habitants observaient une minute de silence.

Guère découragés par la pluie torrentielle, des milliers de Sud-Coréens se sont rendus dans un hall de la mémoire où s’affichaient des centaines de portraits des lycéens décédés.

Leurs proches sanglotaient, se frappaient la poitrine en déposant au pied de ces portraits qui des messages, qui des nounours ou même la nourriture favorite de leur enfant.

« Mon fils, j’espère que tu es heureux là-haut. Tu manques tant à ta maman », pouvait-on lire sur l’un de ces mots.

Sur un écran géant, défilaient des photos des disparus. En dessous, une banderole proclamait: « nous sommes désolés, nous vous aimons, nous n’oublierons pas ».

Seuls 295 corps ont été récupérés par les sauveteurs alors que les plongeurs ont cessé leurs efforts en novembre pour retrouver les disparus, dont les familles étaient à l’avant-garde des appels au renflouage du bateau.

En Corée du Sud, la tradition confucéenne accorde une place primordiale aux funérailles lesquelles marquent le respect aux défunts et garantit leur repos éternel.

« Mon coeur saigne quand je pense aux neuf personnes toujours disparues dans les eaux froides de la mer et à leur famille », a dit la présidente.

Mais elle a été empêchée de rendre hommage aux victimes près d’un autel spécialement construit sur le port de Jindo par les familles qui avaient érigé une barricade.

De même, le Premier ministre Lee Wan-Koo n’a pu se rendre au hall de la mémoire d’Ansan.

Au lendemain de la tragédie, le gouvernement avait promis de remettre à plat les règles de sécurité en vigueur dans le pays. Mais bon nombre d’habitants estiment que ces promesses ont fait long feu.

« Rien n’a changé », écrivait jeudi le quotidien JoongAng dans un éditiorial. « Le pays reste peu sûr », renchérissait le Chosun Ilbo.

Les Sud-Coréens devraient participer en grand nombre à une veillée aux chandelles prévue en soirée à Séoul.

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