La SNCM, une compagnie aux difficultés chroniques

DECEMBRE 2013 : un rapport d’enquête parlementaire critique l’action de l’Etat dans la privatisation de la SNCM en 2005-2006. Le capital de la société est actuellement détenu à 66% par Transdev, coentreprise de transport collectif entre le géant de l’eau et des déchets Veolia et la Caisse des dépôts, à 25% par l’Etat et à 9% par les salariés. Veolia et la Caisse des dépôts auraient dû sceller au plus tard le 31 octobre un accord qui prévoyait le transfert à Veolia des 66% détenus par Transdev mais les difficultés de l’entreprise ont fait capoter l’accord.

NOVEMBRE 2013 : la Commission européenne demande à la SNCM de rembourser 220 millions d’euros d’aides d’Etat qui lui avaient été données dans le cadre de sa privatisation en 2006 et qu’elle juge illégales. Bruxelles saisit parallèlement la justice contre la France qui n’a pas récupéré 220 millions d’euros d’aides supplémentaires accordées à la compagnie maritime au titre de sa mission de service public. Le gardien de la Concurrence avait exigé en mai que la SNCM rembourse d’ici la fin août cette somme, ce qui n’a pas été fait. Le total dépasse de loin le chiffre d’affaires de la SNCM, qui est d’environ 300 millions.

SEPTEMBRE 2013: l’Assemblée de Corse attribue à la SNCM et à une compagnie maritime privée, Méridionale, la délégation de service public (DSP) maritime pour les liaisons entre l’île et Marseille de 2014 à 2024, offrant ainsi une bouffée d’oxygène à la SNCM. Les deux groupes étaient délégataires du service public depuis 2007. Leur concurrent pour la desserte de la Corse, la société privée Corsica Ferries, dépose un recours en justice contre cette décision.

JUIN 2013: les deux actionnaires principaux de la SNCM, l’Etat et le groupe Veolia, valident un plan de sauvetage de la SNCM qui prévoit la suppression de plus de 500 postes équivalents temps plein, soit 700 personnes, sur un total de 2.000 postes (1.400 naviguants et 600 à quai). Le plan prévoit aussi le renouvellement des navires de la compagnie, dont deux en 2016 et 2017 et deux autres en 2018.

MARS 2011: la SNCM est paralysée par une grève des marins CGT pendant 47 jours, sur fond de craintes de démantèlement de la compagnie maritime.

NOVEMBRE 2008: le fonds français Butler Capital Partners vend sa part à Veolia, faisant passer la participation de ce dernier à 66%.

MAI 2006 : les salariés de la SNCM donnent leur feu vert au plan de privatisation de la compagnie maritime, alors publique. Veolia fait son entrée au capital à hauteur de 28% aux côtés du français Butler Capital Partners, qui prend 38%. L’Etat garde 25% et les salariés 9%. L’accord prévoit aussi la suppression de 400 postes et une recapitalisation de la SNCM par l’Etat à hauteur de 142,5 millions d’euros.

SEPTEMBRE 2005: un lourd conflit paralyse la SNCM pendant une vingtaine de jours. Des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC) s’emparent à Marseille d’un cargo de la SNCM et le conduisent à Bastia. Les gendarmes du GIGN sont obligés d’intervenir. Le lendemain, une roquette explose à Ajaccio à quelques mètres du préfet de Corse.

2003-2004: l’Etat doit recapitaliser à plusieurs la SNCM, qui est dans le rouge.

1976: naissance de la SNCM. Une convention est signée entre la société et l’Etat pour assurer la continuité territoriale entre la Corse et le continent.

laf-jul/cb/gib

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