Premiers hommages à Paul-Henri Nargeollet, qui était attendu pour une exposition sur le Titanic

Paris, 23 juin 2023 (AFP) – De premiers hommages ont été rendus vendredi à l’explorateur des grands fonds Paul-Henri Nargeollet, disparu dans une tentative de visite de l’épave du Titanic, qui doit justement faire l’objet d’une exposition à Paris où les organisateurs comptaient sur sa présence.

L’ancien sous-marinier, devenu spécialiste de la plongée à grande profondeur et passionné d’archéologie maritime, est décédé à 77 ans le 18 juin avec ses quatre co-équipiers dans l’implosion du mini-sous-marin Titan.

« Il a aidé l’humanité à comprendre ce monde inconnu » des grandes profondeurs », a déclaré Bernard Cauvin, directeur de la Cité de la mer de Cherbourg, dans un message louant un personnage qui « passionnait tout le monde avec retenue, délicatesse et humilité ».

Surnommé « M. Titanic » pour avoir visité ses abords plus d’une trentaine de fois, l’océanaute avait participé aux premières expéditions qui, après la découverte de l’épave en 1985, avaient remonté de premiers objets du vaisseau gisant par 3.800 mètres de fond dans l’Atlantique Nord.

L’océanaute était justement attendu à l’inauguration, le 18 juillet à la Porte de Versailles à Paris, d’une exposition consacrée au navire, qui présentera notamment de nombreuses reliques de l’épave.

« Nous saluons la passion et le courage de cet explorateur extraordinaire et le remercions des rêves et des émotions qu’il nous a offerts », a déclaré dans un communiqué Pascal Bernardin, organisateur de « Titanic L’Exposition ».

Originaire de Haute-Savoie, Paul-Henri Nargeollet avait effectué la première partie de sa carrière comme officier de marine. Il était notamment devenu commandant du groupe de plongeurs-démineurs de Cherbourg (Manche, nord-ouest de la France), avant de passer pilote de sous-marins au Groupe d’intervention sous la mer, dépendant de la Marine nationale française.

Le véritable tournant de sa carrière était intervenu en 1986 en devenant responsable des sous-marins d’intervention profonde de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Un an auparavant, une équipe menée par le scientifique américain Robert Ballard, en coopération avec l’Ifremer, avait trouvé l’épave du Titanic.

Dès 1987, Paul-Henri Nargeollet côtoyait l’épave à bord du sous-marin français Nautile. Il n’avait cessé de s’y rendre depuis à chaque occasion, dont pas moins de cinq fois l’an dernier. Il vivait aux États-Unis après être devenu directeur du programme de recherche sous-marine de la société RMS Titanic, propriétaire des droits sur l’épave.

En 2022, à l’occasion du 110e anniversaire du naufrage du paquebot, il publiait « Dans les profondeurs du Titanic » (HarperCollins France).

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