Un pêcheur sera jugé pour un naufrage dans lequel deux de ses employés avaient péri

Marseille, 1 juil 2022 (AFP) – Un pêcheur de 61 ans, propriétaire d’un navire qui avait sombré au large d’Agde (Hérault) fin 2020, naufrage dans lequel deux hommes qu’il employait étaient morts, sera jugé en novembre pour homicides involontaires, a annoncé vendredi le parquet de Béziers.

Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2020, le navire de pêche “Romain Luca” avait fait naufrage et seul le capitaine, qui est poursuivi aujourd’hui, avait pu être secouru.

Dès le départ, les enquêteurs avaient mis en évidence certaines irrégularités: le permis de navigation n’autorisait que deux personnes à bord, l’épave avait été retrouvée bien au-delà du seuil des 5 milles que le navire n’avait pas le droit de dépasser.

Sur la sécurité, le capitaine s’est abstenu “d’alerter les secours alors que les circonstances le commandaient”, n’a pas demandé à ses marins-pêcheurs, deux frères âgés de 23 et 33 ans, de revêtir leur vêtement de travail à flottabilité intégrée et n’a pas mis à l’eau le radeau de sauvetage, a détaillé le procureur de Béziers, Raphaël Balland dans un communiqué.

Il sera jugé le 28 novembre par le tribunal correctionnel de Béziers pour “homicides involontaires par la violation manifestement délibérée d’obligations de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail”.

Il est poursuivi également “pour exécution d’un travail dissimulé” puisqu’il employait illégalement l’un des deux frères qui n’avait pas de brevet professionnel de matelot. Il sera également jugé pour escroquerie à l’assurance, ce que le mis en cause conteste.

“Il conteste également plusieurs des fautes retenues par le parquet comme ayant causé les homicides involontaires, en affirmant notamment qu’il n’avait pas eu le temps d’utiliser les équipements de secours (…) et qu’il avait ensuite tout tenté pour porter assistance à ses deux jeunes marins-pêcheurs, en vain”, a rapporté le procureur.

Dans l’attente de son procès, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec les familles des victimes.