Cette enquête, confiée notamment à la gendarmerie, vise des membres de la famille d’un oligarque russes et l’acquisition d’une villa dans le sud-est de la France, a expliqué cette source, confirmant une information de la Revue XXI.
Sollicité par l’AFP, le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) n’a pas souhaité confirmer ni commenter l’information.
« En l’état, je peux vous confirmer qu’au titre de notre rôle de coordination, nous nous intéressons à l’ensemble des infractions en lien avec les oligarques et/ou flotte fantôme russes », a-t-il néanmoins indiqué.
« Sous l’angle notamment de la présomption de blanchiment, nous nous intéressons ainsi à ce phénomène de flotte fantôme », a-t-il ajouté.
Selon la Revue XXI, l’ouverture de cette procédure fait suite à une enquête publiée dans ses pages en mai, évoquant l’influent homme d’affaires russe Dzhamaldin Pashaev, 60 ans, ses enfants et leurs biens.
Contactés par l’AFP, les avocats de M. Pashaev, César Ghrenassia et Maria Snitsar, n’ont pas souhaité s’exprimer.
M. Pashaev, originaire du Daghestan (sud de la Russie), est sous le coup de sanctions depuis septembre 2024 du Trésor américain, qui le décrit alors comme contrôlant des entreprises de transport impliquées « dans les exportations de matériel militaire russe depuis 2021 », et qui auraient contribué à la fourniture d’une usine d’assemblage de drones pour l’armée russe, soutenue par l’Iran.
Le Trésor américain le pointe également comme fondateur de l’entreprise MG-FLOT. Cette entreprise a été mise sous sanctions de l’Union européenne depuis février 2024 pour avoir fourni un « support logistique » à l’armée russe dans le transport par bateau d’armes nord-coréennes et iraniennes.
En France, M. Pashaev apparaît aux côtés de deux membres de sa famille comme ayant été l’un des dirigeants d’une société immobilière, propriétaire d’une maison de neuf pièces donnant sur une calanque de Fréjus (Var), achetée pour 8 millions d’euros, selon des données publiques consultées par l’AFP.
Les navires de la flotte fantôme russe, notamment des pétroliers, sont soupçonnés d’être utilisés par la Russie pour contourner les embargos occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Plusieurs Etats tentent de lutter contre ce phénomène, dont la France qui a arraisonné depuis un an, notamment pour défaut de pavillon, cinq pétroliers soupçonnés d’en faire partie.
Ces navires ont pu ensuite lever l’ancre mais certains ont dû payer des amendes dépassant parfois un million d’euros.




