Vaste opération de sauvetage en mer pour les occupants du ferry Norman Atlantic

Vers 07h40 heure locale (06h40 GMT) lundi, la marine militaire italienne indiquait que 290 personnes avaient été récupérées par les hélicoptères et les navires envoyés sur place pour secourir les passagers et membres d’équipage du Norman Atlantic, en majorité des Grecs.

Cent quatre vingt-huit personnes étaient toujours à bord lundi matin, ballottées par une mer démontée, souffrant du froid après avoir respiré des heures durant la fumée de l’incendie désormais circonscrit.

Le sinistre a fait un mort, un passager grec, qui a glissé au moment d’embarquer sur une chaloupe. Les premiers rescapés sont arrivés dans la nuit de dimanche à lundi à Brindisi, dans le sud-est de l’Italie, à environ 40 milles (environ 75 km) de la position estimée du ferry en mer Adriatique, ou plus au sud à Otranto.

La marine militaire italienne, qui coordonne les secours, et les autorités maritimes grecques ont assuré des rotations, 34 au total, selon les garde-côtes, pour venir au secours des passagers pris au piège du navire en flammes.

Six hélicoptères de la marine italienne ont assuré les évacuations, avec un maximum de six ou sept personnes par rotation et des conditions encore plus délicates de nuit.

La plupart des rescapés sont indemnes mais souffrent d’hypothermie ou de problèmes respiratoires, selon les sauveteurs interrogés par les médias italiens.

Une équipe sanitaire composée de trois personnes est montée à bord du ferry pour venir en aide aux passagers et membres d’équipage encore à bord, a indiqué tôt lundi matin la marine militaire italienne.

Un second navire militaire devrait arriver près du ferry vers 09H00 (08H00 GMT), selon cette source.

– Problème sur l’une des portes pare-feu –

Un navire marchand, le Spirit of Piraeus, avec à son bord 49 rescapés, est arrivé vers 07H00 (06H00 GMT) à Bari, après avoir tenté en vain, en raison d’une mer trop forte, d’entrer dans le port de Brindisi, situé un peu plus au sud sur la côte adriatique.

« La situation est bonne » pour ces rescapés, en majorité Grecs, a indiqué le préfet de Bari, Antonio Nunziante, interrogé sur la chaîne italienne SkyTG24.

Les autorités italiennes ont mobilisé quatre remorqueurs dans le but de stabiliser dans un premier temps le Norman Atlantic, un ferry de 186 mètres de long.

« Pour le moment, le plus important est de récupérer les passagers et membres d’équipage », a déclaré à la chaine italienne Rainews, le capitaine de frégate Riccardo Rizzotto, de la marine militaire italienne.

Il est question ensuite de le remorquer jusqu’au port de Brindisi, si les conditions météorologiques le permettent mais un remorquage vers l’Albanie, plus proche, est envisagé en cas de besoin.

Le feu s’est déclaré sur le ferry dimanche à l’aube dans l’emplacement réservé aux véhicules, par une mer démontée et des vents violents, alors que le bateau assurait la liaison entre Patras, dans le sud-ouest de la Grèce, et Ancône, dans l’est de l’Italie.

A Brindisi et à Bari, des membres de la protection civile et d’autres services de secours ont dressé des tentes dans le terminal passagers du port afin d’accueillir ces rescapés.

Des passagers de 26 nationalités, dont beaucoup de Turcs et d’Italiens, se trouvaient à bord du Norman Atlantic.

Le ferry, construit en 2009, battant pavillon italien et affrété par la compagnie grecque Anek, avait récemment été inspecté. Selon l’armateur italien, un problème avait été détecté sur l’une des portes pare-feu, située sur le pont numéro 5, précisément à l’endroit où l’incendie se serait déclenché, a indiqué le groupe Visenti, cité par l’agence de presse italienne Ansa.

Interrogé par la station de radio Europe 1, l’un des dix Français, Jean-Philippe Demarc, a dit avoir « peur, très peur », et froid. Il a raconté avoir entendu « des grands coups », puis avoir vu « de la fumée partout ». « Tout le monde se suivait à la queue leu leu et on s’est tous retrouvés sur les ponts extérieurs ».

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