ORION 23 : La marine française à l’épreuve d’un exercice de combat naval de haute intensité

Crédit : Marine nationale.
 
Initié dès 2021, ORION 2023 est un exercice majeur des armées françaises, dont la 2ephase a débuté le 21 février dans le sud de la France. Répondant à de nombreux objectifs de préparation opérationnelle, il permet un entraînement en interarmées et en multinational, encore jamais réalisé à ce jour, selon un scénario allant jusqu’à la haute intensité. Réaliste et exigeant, l’exercice prend en compte les différents milieux et champs de conflictualité (cyber, espace, influence, lutte informationnelle).

 

Il est entre 7h00 et 8h00 le dimanche 5 mars, à quelques dizaines de nautiques de Toulon. Une FREMM engagée dans l’exercice ORION 23 est victime d’un tir fictif de missile depuis un aéronef ennemi, tandis qu’un bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) patrouillant à proximité est touché par un tir fictif de roquette non explosée, provoquant une voie d’eau.[1]

Crédit : Marine nationale.

Ces impacts font plusieurs victimes, endommagent les deux bâtiments et entravent lourdement les communications avec les autres bâtiments de la force, notamment avec le PHA Tonnerre, d’où le Maritime component commander (MCC) dirige la force navale (TF 471).

L’alerte est donnée, et face aux dégâts humains et matériels engendrés par les deux frappes, le MCC réorganise en urgence la TF 471 : il s’agit dans un premier temps de sécuriser la zone et prévenir d’éventuelles frappes supplémentaires en interposant des unités, de manière à pouvoir porter assistance aux navires touchés dans les meilleures conditions. Cette assistance vise à contenir les dégâts et à prendre en charge au plus vite les blessés.

La cellule de crise est ainsi réunie au sein de l’état-major embarqué. Elle est composée d’un conseiller santé et d’un médecin régulateur issus du service de santé des armées (SSA), des cellules « personnel » et « logistique » du MCC, et intègre des commissaires des armées. Tous se coordonnent avec leurs homologues des bâtiments touchés, selon les moyens de communication encore disponibles après les dommages subis par ces derniers.

Sur la FREMM, 4 marins décèdent sur le coup, 25 autres sont blessés, tandis que le BSAM dénombre 2 blessés. Les porte-hélicoptères amphibie Tonnerre et Mistral, navigant à proximité, sont mis en alerte. En quatre heures, la cellule de crise coordonne la prise en charge des 27 blessés et leur transfert vers les deux PHA, en fonction du degré d’urgence et la nature de leur blessure : transfert en hélicoptère Panther ou Caïman Marine pour les blessures les plus graves, en embarcation légère pour les autres.

Les victimes sont évacuées vers les PHA en fonction de leur gravité selon le soutien médico-chirurgical des opérations amphibies. Ainsi, un des PHA assure l’accueil des blessés les plus graves par les réanimateurs et chirurgiens du rôle 2, pendant que l’autre s’applique aux soins des blessés plus légers, puis à l’hospitalisation des premiers opérés stabilisés. Au cœur de cette prise en charge, le personnel embarqué du SSA assure les soins nécessaires, face à des blessures d’ampleur très variée, éprouvant leurs savoir-faire en médecine de guerre.

En parallèle de l’évacuation des blessés, un second BSAM intégré à la TF 471 contribue à éteindre l’incendie à bord grâce à son puissant canon à eau. Compte tenu des lourds dommages subis sur le système de propulsion de la FREMM, le BSAM l’a ensuite remorqué, illustrant la capacité de ces bâtiments à porter une assistance opportune au cœur d’un scénario de combat naval de haute intensité.

La grande réactivité des bâtiments de la TF 471, la mobilisation des marins et des soignants du SSA constituant leur équipage, et l’emploi coordonné des hélicoptères et moyens navals ont permis d’entrainer de manière réaliste l’ensemble de la Task Force à faire face à une situation critique. Les dégâts matériels et humains simulés ont été en effet très proche de la réalité d’un combat naval.

Cet entrainement de dimension inédite a été rendu possible par la variété et le nombre de moyens navals engagés au cœur de l’exercice ORION, dans une recherche permanente de réalisme extrême dans la préparation opérationnelle.

Source : Marine nationale


[1] Ce scénario, fictif mais réaliste, a vu des marins des deux équipages jouer le rôle de blessés, avec des blessures grimées.

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