Ministérielle: De « réels progrès » mais les négociations restent « difficiles » selon l’OMC

Abou Dhabi, 29 fév 2024 (AFP) – Les négociations à la ministérielle de l’OMC font de « réels progrès » mais restent « difficiles », a indiqué vendredi l’organisation, qui a prolongé d’un jour la conférence dans l’espoir d’arracher des résultats sur la pêche et l’agriculture.

« Les ministres travaillent d’arrache-pied et réalisent de réels progrès », a déclaré le porte-parole de l’Organisation mondiale du commerce, Ismaila Dieng, commentant l’état d’avancement des négociations à la 13e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce.

« Toutefois, les négociations sont difficiles en raison des liens entre les différents sujets qui sont négociés, a-t-il ajouté, au cinquième jour de la réunion.

La conférence doit s’achever vendredi à 14h00 locales (10H00GMT), alors qu’il était prévu qu’elle prenne fin jeudi soir.

« Les ministres examineront les textes au cours de la nuit et se réuniront tôt dans la matinée. Ils se sont engagés à poursuivre leurs efforts en vue d’un résultat couronné de succès » a relevé M. Dieng.

Les participants sont entrés dans la phase de marchandages entre les différents sujets de négociation. Et des réunions en petit comité, avec des pays clés, sont organisés pour tenter de débloquer les dossiers.

Rien n’est garanti car les décisions sont prises par consensus et un seul pays peut faire capoter un accord.

« On vit ces négociations un petit peu en montagnes russes », a indiqué une source proche des discussions.

Présenté comme un trouble-fête par de nombreuses délégations, le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, s’est dit jeudi « très confiant », affirmant que « tout le monde travaille dans un état d’esprit très positif… pour essayer de voir quel est le maximum que nous pouvons faire ».

Quatre grands sujets sont sur la table des discussions : la pêche, l’agriculture, le commerce électronique et la réforme de l’OMC.

Les négociations sur la lutte contre les subventions favorisant la surpêche et la surcapacité des navires coincent en particulier sur la pêche artisanale et la pêche en eaux lointaines.

L’Inde a par ailleurs demandé en début de semaine un moratoire sur les règles pendant 25 ans pour les pays en développement et un moratoire sur les subventions accordées par les pays pratiquant la pêche lointaine « pendant une période d’au moins 25 ans ».

– « Créer des emplois » –

Dans le dossier agricole, un sujet encore plus sensible que d’habitude après les récentes manifestations d’agriculteurs en Europe et en Inde, les pays tentent d’établir la liste des sujets sur lesquels ils veulent poursuivre les discussions, tels que le coton.

La question la plus difficile reste les stocks publics de denrées alimentaires, destinées à garantir la sécurité alimentaire des populations.

Ils sont en règle général considérés comme faussant les prix, mais certains pays en développement, dont l’Inde, bénéficie d’un traitement de faveur depuis 2013 grâce à un accord temporaire, mais New Delhi réclame une solution permanente.

Un des textes sur la table propose de faire un pas en direction de l’Inde, mais il resterait à définir les modalités et le calendrier.

En pleine année électorale américaine, aucune décision majeure n’est par ailleurs attendue concernant la réforme du mécanisme de l’OMC permettant de régler les différends commerciaux entre les membres de l’organisation, alors que son organe d’appel est paralysé depuis fin 2019 car les Etats-Unis, mécontents de son fonctionnement, bloquent la nomination des juges.

En 2022 les pays avaient décidé de mener des discussions « en vue de disposer d’un système pleinement opérationnel pour 2024 », mais les discussions piétinent.

Autre sujet de discorde: le commerce électronique. Un petit groupe de pays, dont l’Inde mais aussi le Brésil, ont menacé jeudi de bloquer le renouvellement du moratoire douanier sur les transmissions électroniques.

Dans un message sur le réseau social X, le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis a appelé à prolonger ce moratoire, le jugeant « primordial » pour « développer les économies et créer des emplois, y compris dans les pays les moins avancées ».

L’Inde et l’Afrique du Sud ont par ailleurs refusé mercredi que l’accord visant à faciliter les investissements internationaux, finalisé dimanche par plus de 120 membres de l’OMC, soit discuté à la ministérielle.

Ses signataires, dont font partie la Chine et l’UE mais pas les Etats-Unis, avaient demandé que l’accord soit arrimé aux règles de l’OMC.

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